L’ENQUÊTE COMMENCE ICI
Grande-Synthe- Fort-Mardyck
Catherine Rannou
21 septembre 2019


Ce matin, en ouvrant la porte coulissante de mon van, je découvre de nombreuses voitures garées sur le parking : des habitants de Grande-Synthe et de Fort -Mardyck viennent entretenir leurs potagers abrités sous les grandes serres. Les plans de tomates touchent quasi le faux plafond technique en grillage, chaque carré déborde de grandes feuilles de courgettes et de courges, cela sent l’humidité, le terreau, l’oignon fraichement arraché. Les serres sont propres et soignées.
Je passe par les carrés pour accéder aux toilettes et au coin cuisine où je fais ma toilette. De but en blanc une femme d’une soixantaine d’année qui s’appellera Francine m’aborde, elle est au courant que je dors là et je peux aller deux fois par semaine me doucher chez elle. Pas plus car elle est souvent absente. Elle aussi elle a beaucoup campé, en Bretagne d’ailleurs. Ils avaient une belle caravane, et puis l’air de Bretagne est bon pour les poumons de son mari qui a des « problèmes d’amiante ». Quand ils reviennent après les vacances, ils sentent à nouveau l’odeur des fumées des usines, puis cela passe. « On est habitués », « et puis cela s’est nettement amélioré ».
La question de ma présence ici, est posée. J’explique cette recherche que je fais. Ont ils entendu parler « des tables de poussières » qui avaient été déposées dans des jardins à la demande d’habitants pour mesurer le dépôt de poussières sédimentables issues des usines ?
Chacun évoque ces tables, sans réponses très précises quant à leur localisation. Deux des anciens présidents de l’association APPE, qui a mis en place ces tables, viennent jardiner dans ces serres.
Je vais de fil en aiguille proposer de les rencontrer chez eux et d’évoquer cette période active et militante qu’ils ont vécue de 1995 à 2005. La plupart sont en retraite maintenant, et sont débordés.
J’ai le temps.